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Orientation

Un article pour vous aider à classer vos vœux par ordre de préférence.

Par FLORENCE CONSTANTIN, publié le jeudi 19 janvier 2017 10:36 - Mis à jour le jeudi 19 janvier 2017 10:42

APB : Quelle stratégie pour bien élaborer sa liste de vœux classés par ordre de préférence ?

Dans un article mis en ligne le 1er décembre, nous attirions l'attention sur l'ouverture de la première phase du processus télématique qui, en France, doit conduire les lycéens des diverses classes terminales et leurs parents, à exprimer leurs listes de vœux d'orientation post baccalauréat classées par ordre de préférence. Pour ceux qui ne le sauraient pas, c'est ainsi que, depuis neuf ans, se régulent en France les orientations des élèves des classes terminales de l'enseignement secondaire. En 2016, ils étaient plus de 700000 à devoir procéder ainsi.

Le 20 janvier 2017 s'ouvre la seconde phase, sans doute la plus importante pour les familles concernées : celle durant laquelle il faudra faire connaître une liste de vœux classés par ordre de préférence. Elle s'écoulera sur deux mois, jusqu'au 20 mars 2017. Au préalable, il faudra que chaque lycéen se soit bien informé, et ait élaboré son projet d'orientation. Autrement dit, il faudra être en mesure de répondre à la question suivante : "Pour quelles études supérieures suis-je fait ? ". Il conviendra pour cela de fixer sa priorité (premier vœu), mais aussi se poser la question de savoir ce qu'est sa préférence si la réponse à son vœu un est négative... et ainsi de suite jusqu'au chiffre maximum de 24 vœux possibles (en moyenne, en 2016, les élèves de terminale ont fait près de neuf vœux par tête). Le principe de fonctionnement d'APB : le candidat ne recevra qu'une seule réponse positive, et ce sera pour la première de ses candidatures qui le déclarera "ADMIS", Par exemple, si un candidat ayant exprimé six vœux reçoit des réponses négatives ("NON ADMIS") sur ses vœux 1 et 2, puis une réponse favorable ("ADMIS") pour son vœu 3, il ne recevra aucune autre proposition d'admission.

Chacun a donc besoin de réfléchir méthodiquement à l'établissement d'une liste de vœux, mais aussi - et surtout - à son classement : du vœu le plus désiré à celui qui est exprimé en dernier choix. L'exercice n'est pas facile. Plus de 11000 formations sont référencées sur APB : laquelle vais-je indiquer en premier vœu , en second si je n'ai pas satisfaction pour ce premier vœu, et ainsi de suite ? Le but de l'article qui suit est de vous proposer une méthode afin de faciliter l'élaboration de cette liste de vœux classés par ordre de préférence.

Notre conseil : posez vous trois questions, cherchez vos réponses à chacune d'entre elles, et croisez les. Vous constaterez que si vous vous livrez avec sincérité à ce triple questionnement, vous ferez plus aisément émerger votre liste de vœux classés par ordre de préférence.

Question 1 : Classerez-vous en premier vœu une formation courte ou longue ?

Cette question peut surprendre car il est clair que rien n'interdit de demander à la fois son admission en filière courte ou longue, mais pas en premier vœu. Dans ce cas c'est l'un OU l'autre, et il faut rappeler qui si le candidat obtient une réponse positive sur son premier vœu, il ne reçoit aucune autre proposition. Il faut donc bien choisir !

Les formations supérieures courtes sont celles qui, normalement, conduisent en deux ou trois ans après le baccalauréat à des diplômes de l'enseignement professionnel. C'est le cas en deux ans des IUT (instituts universitaires de technologie), des STS (sections de techniciens supérieurs), et en trois ans pour les programmes "bachelors", les licences professionnelles, les écoles spécialisées de toutes sortes (de commerce, hôtellerie, sociales, paramédicales, militaires, d'arts...).

Les études supérieures longues correspondent à des cursus qui demandent au moins cinq ans après le baccalauréat, et parfois plus. C'est à ce niveau qu'on obtient un diplôme de grande école, le titre d'ingénieur, le grade universitaire de master, le diplôme d'études supérieures comptables et financières... De tels parcours peuvent se prolonger jusqu'à bac + 6/7/8... voire plus. Par exemple, le doctorat généraliste en médecine se délivre à bac + 8, de même que le titre qui autorise à exercer en tant qu'avocat ou expert comptable ....

Le premier critère de différenciation entre études supérieures courtes ou longues est donc la durée des études. Un élève soucieux d'accéder rapidement au marché de l'emploi aura intérêt à opter pour des études courtes. Mais plus que la seule durée des études, ce qui se joue c'est l'ambition professionnelle et sociale : à quel niveau l'élève situe-t-il son niveau futur de responsabilité professionnelle ? Le choix entre études supérieures courtes et longues dépend principalement de la réponse que l'on donne à cette question. Choisir de se former en Institut de formation aux soins infirmiers ne permettra évidemment pas d'accéder à un statut de médecin, et les choses sont claires au départ.

Une réserve à ce raisonnement cependant : opter pour des études supérieures courtes n'interdit le plus souvent pas d'ambitionner de rebondir à leur issue vers des études plus longues. Au terme d'un BTS ou DUT, d'un bachelor ... il n'est pas interdit de demander une équivalence universitaire afin de rejoindre un cursus universitaire plus long ou de se présenter à des "concours parallèles" en vue de tenter d'accéder à une grande école. Chaque année, plusieurs milliers d'étudiants ayant acquis un diplôme de l'enseignement supérieur professionnel court se voient ainsi (mais presque toujours sur épreuves de sélection) autorisés à prolonger leurs études. Certains s'y efforcent parce qu'ils en découvrent la possibilité et les avantages en cours de leurs études courtes, d'autres - de plus en plus nombreux - en font une stratégie de choix dès la classe terminale du secondaire.

Question 2 : Pouvez-vous fonder vos choix sur un projet professionnel ou pas encore ?

Comme chacun sait, la question du projet professionnel est l'une des plus complexes pour des jeunes âgés de 18/19 ans. Vous ne serez donc pas surpris de découvrir que, d'après les enquêtes ministérielles, les élèves de classe terminale ne sont qu'un tiers a avoir un projet professionnel bien réfléchi et bien ancré en eux. Pour les deux autres tiers cela ne pourra survenir qu'ultérieurement.

A) Pour celles et ceux qui son porteurs d'un projet professionnel s'ouvrent les divers parcours d'études qui conduisent à cette cible. C'est par exemple le cas d'un bachelier S qui vise une carrière de médecin, d'un STMG qui souhaite se préparer à une carrière commerciale ou encore d'une bachelière ST2S désireuse de devenir assistante des services sociaux. Pour cette catégorie d'élèves, il convient d'abord de recenser l'ensemble des formations supérieures (courtes et longues) qui conduisent à sa cible professionnelle. Il estfréquent qu'il en existe plusieurs. Dans ce cas, à l'élève de les découvrir, les comparer et choisir celle(s) de ces formations pour lesquelles il va se porter candidat. Ensuite, la balle est dans son camp : à charge pour lui de parvenir à y entrer, puis d'y réussir.

B) Pour celles et ceux qui ne sont pas (pas encore) porteurs d'un projet professionnel les choses sont plus complexes. Cette catégorie d'élèves devra évidemment s'abstenir de demander dès le post bac son admission dans une filière professionnelle (BTS, IUT, école ...) puisque n'ayant pas encore de projet professionnel. Il leur faut donc privilégier les premier cycles généraux, afin de se donner deux/trois ans de plus pour pouvoir fonder sa liste de vœux sur un projet professionnel. Pour cela, on a le choix entre les licences universitaires générales, et les classes préparatoires aux grandes écoles. Avantage de la formule : on bénéficie de deux ou trois années supplémentaires d'un cursus très généraliste, au cours duquel on saura mieux faire émerger son projet professionnel, et c'est donc à bac + 2/3 que l'on fera le choix de sa formation professionnelle (diverses enquêtes nous disent que les étudiants parvenus à ce stade de leurs études sont plus de 80% à avoir un projet professionnel).

 

Reste la délicate question des critères de choix de sa filière générale. A défaut de pouvoir la choisir sur des critères "en aval" (le projet professionnel), on choisira sur des critères "en amont" (le baccalauréat préparé, les matières qui me conviennent et celles que je ne souhaite pas fréquenter, les acquis scolaires, ma personnalité...). Ainsi choisie, la formation générale aura de fortes chances de convenir à l'élève, de lui réussir et de lui permettre de faire émerger un projet professionnel dans les deux ou trois années qui vont suivre.

Question 3 :privilégiez-vous les formation à fort encadrement ou préférez-vous les formations faisant appel à votre capacité d'autonomie ?

Depuis la classe de sixième, les élèves de l'enseignement secondaire ont normalement bénéficié d'un important encadrement : petits effectifs, contrôle systématique des présences, évaluations fréquentes, conseils de classe, bulletins scolaires envoyés aux parents, emplois du temps pré définis sur une base d'une trentaine d'heures par semaine, obligation de travail personnel régulier ... Si ce système convient, il est possible de le retrouver dans l'enseignement supérieur : les classes préparatoires aux grandes écoles, les classes de BTS et par extension la plupart des formations sélectives fonctionnent sur ce modèle.

Mais il existe un autre système, dont on parle beaucoup aux lycéens, mais qu'ils n'ont jamais vécu : celui des "grands amphis" de nombre de formations universitaires. Il se caractérise par l'absence de contrôle des présences (sauf pour les groupes de TD/TP), la faible fréquence des travaux évalués par les formateurs, la modestie de l'horaire hebdomadaire proposé (de 15 à 20h le plus souvent), un appel systématique (mais que l'étudiant est libre de suivre ou pas) au travail autonome... (je n'ai pas cours le jeudi matin, est-ce que je reste sous ma couette ou vais-je travailler en bibliothèque universitaire ou au laboratoire de langues ? C'est à moi de décider !)

Loin de nous l'idée d'affirmer que l'un de ces deux systèmes est meilleur que l'autre. A chacun de se faire son idée, d'autant que la bonne formule peut être l'une ou l'autre, selon sa personnalité, son bilan scolaire aussi. Mais ce choix doit être fait puisqu'encore une fois, en exprimant son premier vœu il est obligatoire de l'exprimer. Ajoutons que pour certaines filières ce sera forcément l'université de masse (pour la filière qui conduit aux carrières supérieures de la santé ou du droit par exemple). Pour d'autres (les plus nombreuses), on aura le choix entre les formations à fort degré d'encadrement et les licences universitaires à gros effectifs.

Conclusion :

Comment passer des réponses aux trois questions précédentes à sa liste de vœux classés par ordre de préférence ?

Partons d'un exemple réel, celui d 'un élève de terminale ES qui à répondu à ces trois questions de la façon suivante :

Question un : "j'ai un projet professionnel qui est celui de travailler plus tard dans le commerce international, si possible en tant qu'expatrié"

Question deux : "j'ai une préférence pour des études longues car j'ai l'ambition de devenir l'ambassadeur d'une grande marque internationale à l'étranger et je sais que pour ce niveau de responsabilité il vaut mieux avoir fait du bac + 5"

Question trois : "je souhaite suivre une formation dans un cursus bien encadré"

Cet élève est donc, pour ses premiers vœux, à la recherche d'une formation qui satisfasse ses trois critères de choix : professionnelle tout de suite (spécialisée en commerce international), d'une durée de cinq ans et bien encadrée. Il a donc normalement exprimé ses premiers vœux en faveur de grandes écoles de commerce international à recrutement post bac. Comme ces écoles sont sélectives, il a appliqué le principe de précaution qui consiste à demander en recours certaines formations courtes, mais susceptibles de lui permettre de rebondir vers des formations longues en commerce international. Pour cela il a choisi de se présenter aux concours d'entrée dans trois programmes "bachelor" de management international, puis à ajouté des candidatures en vue de se faire admettre en BTS commerce international et en DUT techniques de commercialisation, ceci afin de pouvoir envisager de poursuivre ses études en vue de son objectif professionnel. Enfin, n'étant toujours pas assuré d'avoir satisfaction (puisque toutes ces formations sont sélectives), il a conclu sa liste de vœux par une demande d'admission en licence de langues étrangère appliquées, choix judicieux puisqu'il lui permettrait de tenter de rejoindre un deuxième cycle universitaire master en commerce international, ou en programme "grande école" en commerce international par les possibilités de "concours parallèles". Sa liste de vœu classée est donc parfaitement cohérente !

Bien sur, cette liste de vœux comporte à la fois des formations qui exigent de passer par la plateforme APB et d'autres qui sont hors APB. Cela ne modifie en rien la méthode , ainsi qu'on va le voir en consultant les vœux classés que cet élève a exprimés :

Vœu 1 hors APB : concours Sésame

Vœu 2 hors APB : programme bachelor management international

 

Vœu 1 sur APB : BTS commerce international lycée 1   

Vœu 2 sur APB : BTS commerce international lycée 2

Vœu 3 sur APB : BTS commerce international lycée 3

Vœu 4 sur APB : DUT techniques de commercialisation IUT 1

Vœu 5 sur APB : DUT techniques de commercialisation IUT 2

Vœu 6 sur APB : licence de langues étrangères appliquées

 

Pour conclure, nous signalons que cet élève a été admis en BTS commerce international au lycée 1, et à pu à son issue rejoindre le programme "grande école" de l'Ecole supérieure de commerce de La Rochelle. Il en est sorti diplômé en 2015 et, après une année dans le service export d'une entreprise construisant des bateaux de plaisance, il a été promu à la direction adjointe du service export, et passe désormais une importante partie de son temps de travail à l'international.

Vous trouverez tous les détails concernant cette méthode dans l'ouvrage cité ci-après.

MAGLIULO Bruno

Inspecteur d'académie honoraire

Auteur, dans la collection L'Etudiant, de : "Pour quelles études êtes-vous fait ?"

 

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