En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques anonymes.
En savoir plus sur la gestion des cookies

le lycée dans la presse

Ouest-France 26 novembre 2013 : Cet homme est un chasseur de blockhaus !

Par OLIVIER GUIVARC'H, publié le vendredi 29 novembre 2013 17:15 - Mis à jour le vendredi 29 novembre 2013 17:15
 

La Baule. Quand Patrick Fleuridas, cuisinier dans un lycée de Guérande, n'est pas aux fourneaux, il court la presqu'île à la recherche des ouvrages de défense allemands de la guerre... Sa grande passion !

Portrait

La cinquantaine sportive, Patrick Fleuridas, crinière blanche et regard bleu, garde généralement son naturel placide et discret. Mais l'homme s'enflamme quand il évoque son violon d'Ingres : le blockhaus et son architecture. Il devient alors intarissable !

Ce cuisinier de profession habite depuis une bonne douzaine d'années à Saint-Molf. Il vivait auparavant en Allemagne, pays qu'il a d'abord connu quand il était au service militaire. Il s'est ensuite engagé pour travailler dans les cuisines des soldats. Et est resté, toujours pour le même job, durant plus de 10 ans. À l'époque, il n'avait pas forcément le goût pour les blockhaus, ces bunkers de béton armé de ferraille que les Allemands ont construits un peu partout durant la Seconde Guerre mondiale. Ces bâtiments enterrés ou semi-enterrés succédaient aux casemates. Tout cela a intéressé de plus en plus Patrick Fleuridas, passionné de relevés topographiques et de dessins.

Depuis qu'ils ont fait construire, lui et son épouse, sur la presqu'île, Patrick Fleuridas part en dehors de ses activités de cuisinier dans un lycée de Guérande, à la chasse aux blockhaus. Très régulièrement. Sans esprit guerrier, juste par curiosité. Les bunkers ne manquent pas, évidemment, ici, même si la plupart de ceux qui se trouvaient sur les plages ont été tous détruits par explosifs (c'était plus difficile en ville car plus dangereux) : la base sous-marine de Saint-Nazaire a donné l'occasion de construire de nombreux ouvrages défensifs sur la côte proche, dont un exceptionnel (car quasi unique) à Saint-Marc, souligne le spécialiste.

Fin septembre, Patrick Fleuridas s'est intéressé à la destruction d'un blockhaus, un costaud, à La Baule, dans une propriété de l'avenue Olivier-Guichard (O-F du 26 septembre). Le promoteur des lieux, Promocéan, qui va y ériger, à deux pas du marché couvert, un immeuble de huit logements de grand standing, ne sait pas forcément bien quoi avait pu servir cet ouvrage de 2000 m3 de béton avec plus de 30 tonnes de ferraille, et dont les murs étaient épais de 2 m. « Je peux vous certifier que cet abri n'est ni pour le stockage des munitions ou les communications. J'ai visité cet ouvrage légalement il y a plusieurs mois afin d'en dresser le plan. »

Le Mendulphin était alors à son affaire... Il a tout mesuré, tout inspecté : « Il s'agit d'un abri de type luftschützbunker, c'est-à-dire abri antiaérien. »

« Menace des raids aériens »

Sa connaissance encyclopédique dans le domaine s'enrichit des éléments de l'histoire locale qu'il apprend aussi au fur et à mesure de ses lectures et rencontres : « Vous n'êtes pas sans ignorer que plusieurs centaines de villas étaient réquisitionnées à La Baule, ainsi que l'ensemble des hôtels et pensions de famille. La menace des raids aériens devenant de plus en plus pressante, plusieurs de ces ouvrages furent construits entre le Pouliguen-La Baule-La Baule Les Pins et Pornichet. »

Le spécialiste révèle aussi qu'« aucun de ces ouvrages n'était entièrement achevé à la fin de la guerre. Il manque en particulier le système de filtrage de l'air, indispensable pour ce type d'ouvrage. »

S'il visite les blockhaus durant ses vacances d'été ? « Bien sûr ! » Mais, là, il doit faire des concessions à son épouse, qui goûte peu les constructions de guerre... « On partage notre temps à faire du tourisme classique et à découvrir les blockhaus », souligne avec le sourire le cuisinier. Il a beaucoup apprécié leur dernière visite au Danemark, à sa petite sirène. Et à ses blockhaus...

Michel ORIOT

 

Pièces jointes
Aucune pièce jointe
Catégories
  • 2013